Lecture

Le train de la vie

À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents.

Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous.

Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage…

Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train.

Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l’amour de notre vie.

Beaucoup démissionneront (même éventuellement l’amour de notre vie), et laisseront un vide plus ou moins grand.

D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges.

Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’au revoir et d’adieux.

Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes.

On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons.

Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train, nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continueront leur voyage.

Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.

Aussi, merci d’être un des passagers de mon train.

Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec vous.

Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train.

Jean d’Ormesson L’Enfant qui attendait un train (1979 )

Aujourd’hui, celui qui descend du train s’appelle Professeur DOH Ananivi. Il nous laisse continuer le voyage, avec comme consolation, le souvenir des moments partagés à jamais gravés dans nos cœurs.

Cherchez en avant

Auteur : Pierre Teilhard de Chardin

Celui qui est parti, ne le cherchez pas en arrière,

ni ici, ni là, ni dans les vestiges matériels qui vous sont naturellement chers.

Il n’est plus là, il ne vous attend plus là.

C’est en avant qu’il faut le chercher,

dans la construction de votre vie renouvelée…

Soyez-lui fidèle là, et non point dans une sentimentalité rétrospective

avec laquelle il faut avoir le courage de rompre.

Sa véritable trace n’est pas dans certaines manifestations de son activité.

Sa disparition même, si douloureuse qu’elle puisse vous paraître,

doit vous libérer, non vous déprimer.

Non pas oublier, mais chercher en avant.

Malgré tout ce que vous pouvez sentir ou croire,

reconnaître avec évidence que votre vie doit se poursuivre.

Je suis persuadé qu’elle commence.

Décidez-vous seulement à ne plus vivre dans le passé,

ce qui ne veut pas dire que vous oublierez celui-ci,

mais seulement que votre manière – la vraie – de lui être fidèle

doit consister à construire en avant,

c’est-à-dire à être digne de lui.

Ne vous isolez donc pas.

Ne vous repliez pas au fond de vous-mêmes.

Mais voyez le plus possible vos amis.

Donnez-vous. C’est ce don qui vous libérera et vous épanouira.

Lettre familiale

Lettre à papa

Une lettre de sa fille, signée M.A., conservée dans ses mots d’origine.

Papa,

Il m’est difficile de te laisser partir. Comment imaginer un monde où tu ne prononceras plus mon nom de cette façon particulière qui t’est propre? Un dernier baiser, un ultime ‘je t’aime’ et te voilà parti sans un au-revoir.

Tu nous manques déjà tant !

Nous garderons précieusement ce que tu nous as appris.

Nu wo zã me do o! Tu nous répétais, sans jamais te lasser, que si tu devais tout perdre, tant qu'il te resterait la vie, la santé et la force, tu pourrais tout reconstruire — quel que soit ton âge.

La charité, tu nous l'as confirmée à ta manière : plus on donne, plus on reçoit de Dieu.

Tu nous as enseigné que les relations humaines valent plus que l'argent, et que la victoire se trouve toujours au bout de l'effort. Il paraît, disais-tu, que Dieu n'aime pas les paresseux.

Tu nous as appris à honorer la mémoire de nos aînés. Te souviens-tu ? Chaque Toussaint, tu nous emmenais nettoyer et fleurir les tombes de nos défunts, au cimetière de Kovié.

Bientôt, tu vas reposer dans ce village que tu aimais tant. A ton tour d’attendre nos visites. Nous viendrons autant de fois que nous pourrons, te raconter nos vies et écouter le silence de ton absence.

Puis, nous repartirons dans nos chaumières. Sans toi. Seuls, avec dans le cœur le souvenir de nos moments passés pour panser notre chagrin. Jusqu’à la prochaine visite.

Je viendrai papa, je te le promets. Attends-moi.

Au revoir papa.

A bientôt.

M.A.

Hommage universitaire

Hommage de la Promotion MNSA

Hommage de la Promotion 2023–2025 du Master Nutrition et Sciences des Aliments de l’Université de Lomé.

Hommage des enfants

Visages d’un père

Un hommage transmis par ses enfants, conservé dans sa forme originale.